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Un rapide tour du monde du thé ...
Mais, s'il
y a des thés qui nous ressemblent plus que dautres,
il nexiste heureusement pas de préparation unique et
standard à travers le monde... voyez comme on a tant à
découvrir les uns des autres:
- En Chine
on procède souvent à plusieurs liqueurs avec la même
infusion.
- Pendant la
période Tang (618-907) en Chine on bouillait le thé
avec toutes sortes déléments comme du riz, du
gingembre, du sel, des épices, des oignons...
- Au Tibet
on fait bouillir des morceaux de brique de thé vert, on sale
leau et on y ajoute du beurre de yak ou du lait de chèvre.
- En Corée
on ajoute parfois un peu de ginseng.
- Au Japon
on boit traditionnellement (Chanoyu) du thé vert en poudre battu (Matcha) dans
de leau chaude.
- En Russie,
où "pourboire" ("na tchaï") signifie
mot-à-mot "pour le thé", on réalise
une liqueur forte et concentrée bue, allongée deau
chaude (samovar), le plus souvent dans des verres avec une anse
en métal, sans lait, avec un morceau de sucre non raffiné
ou une confiture de fruits dans la bouche. Parfois les Russes boivent
le thé dans les sous-tasses ce qui permet de le faire refroidir
et de mieux en apprécier le parfum.
- Au Maroc
on infuse du gunpowder (thé vert de Chine), après
lavoir rincé rapidement avec un peu deau chaude,
auquel on ajoute de la menthe (tiges et feuilles) et beaucoup de
sucre (dans la théière)... et quelques fois, notamment
en Tunisie, des pignons de pin légèrement grillés.
Versez le thé en levant et descendant la théière
afin de faire mousser votre liqueur.
- En Turquie
on sert un thé corsé provenant dune théière
constamment sur le feu à laquelle on ajoute de leau
de temps à autre.
- En Inde,
lorsque le thé nest pas préparé à
langlaise, on mélange à égale proportion
de leau et du lait. Dès que le tout arrive à
ébullition on ajoute du thé et du sucre quon
laisse chauffer à peu près 2 minutes. Dans certaines
régions du Nord on ajoute à la liqueur des épices
ou bien, par exemple, on met du thé vert dans de leau
froide et on porte à ébullition pendant une minute
en ajoutant du sucre, des amandes et de la cardamome. Dans le Cachemire
le thé est bouilli avec de la potasse rouge, de lanis
et du sel. En Inde lorsque le thé est offert dans des tasses
en terre cuite on les casse en les jetant au sol après usage...
afin quelles ne soient pas "souillées" par
des castes "inférieures".
- En Iran on
boit du thé noir avec du sucre (dans la tasse ou dans la
bouche). Selon la "médecine" traditionnelle on
consomme du thé vert comme remède. Sur la frontière
irano-pakistanaise on place le thé dans leau et lorsque
celle-ci arrive à ébullition on ajoute du lait quon
laisse chauffer encore quelques instants. Dans les montagnes du
centre certaines populations font bouillir eau et thé.
- Dans de nombreux
pays consommateurs de thés verts et noirs on boit le premier
pour se "rafraîchir" et le deuxième pour
se "réchauffer".
- Dans la première
moitié du XVII ème siècle le thé, en
Europe, semble avoir été bu sans lait et avec divers
éléments tels du sel, du safran, du gingembre, des
noix de muscade...
- "Il
est certain quaprès la seconde (infusion), toute la
force en est dissipée, et quil ne vaut plus rien. Si
ceux qui sen sont servis en veulent tirer la dernière
quintessence, ils peuvent lemployer en salade comme font les
Hollandais aux Indes, en y mettant de lhuile et du vinaigre"
(fin XVIIe).
- Le père
Lecomte, jésuite, écrivit dans son histoire de la
Chine (1697) "jeus la curiosité de goûter
lécorce du tronc (dun théier) et des branches,
je mâchai aussi du bois et des fibres; lun et lautre
me parurent sans aucune amertume, et même sur la fin jy
trouvai un goût de réglisse assez agréable mais...",
conclut-il, "très peu sensible."
- En France,
au XIX ème siècle, il a été relevé
quaprès avoir échaudé la théière
(par une eau chaude laissée quelques instants puis jetée)
on laissait infuser le thé dans une théière
à moitié remplie. Après un temps compris entre
6 et 8 minutes on ajoutait la quantité deau nécessaire
au nombre de tasses souhaitées. On laissait infuser 2 minutes
puis on servait le thé avec une adjonction de sucre (habituellement
quatre fois plus importante que la quantité de thé)
et de deux petites cuillères de crème froide par tasse.
Pour refaire un service on rajoutait de leau à la moitié
deau restante et on recommençait. On comptait 8 grammes
de thé pour 2 tasses, 12 grammes pour 4 tasses et trente
pour douze tasses. Les mélanges de thés verts avec
du thé noir étaient fréquents bien que certains
préférassent lun ou lautre pur.
- Les Allemands
de la Frise de lEst boivent un thé corsé avec
un morceau sucre candi au fond de la tasse auquel ils ajoutent,
en dernier, une cuillère de crème. Se forment alors
des petits dessins à la surface quil ne faut surtout
par remuer.
- Les Anglais
versent sur un peu de lait, du thé. Mais certains préfèrent
le "milk in second" (dabord le thé puis le
lait).
- Dans les
Etats-Unis actuels on boit force de thés solubles.
- Dans de nombreux
pays on met du thé dans des sachets en papier que lon
place dans de leau chaude... cest plus simple et plus
rapide semble-t-il.
- Sans oublier
ceux qui lisent lavenir dans les feuilles au fond de la tasse...
Bien entendu
cette petite liste, tel un inventaire à la Prévert,
nest ni exhaustive, ni générale... il faut tenir
compte des coutumes et traditions régionales, villageoises,
familiales et personnelles.
Voyez le thé
se décline selon toutes les envies et les imaginations. Ces
pratiques sont riches et témoignent dun formidable
apport culturel... Lessentiel est donc de préparer
un thé qui vous ressemble... Terminons tout de même
par François Massialot, qui dans son traité "Nouvelle
instruction pour les confitures, les liqueurs et autres fruits",
en 1692, recommandait de "fumer du thé en manière
de tabac". Toutefois nous avons expérimenté,
à plusieurs reprises, cette dernière recommandation...
et navons pas été très convaincus !
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